Pour un Congrès National-Autochtone.

Excellente analyse comme d’habitude d’Antonin Campana Du blog Autochtonisme.com

Vers un Congrès National-Autochtone ?

” Un lecteur me demande comment « mobiliser dans la rue ». Il m’explique : « J’ai participé, dimanche dernier, à la manifestation organisée par Génération Identitaire contre l’islamisme et l’immigration: nous n’étions pas 500 ! (…) Alors que Marine Le Pen avait rassemblé sur son nom 11 millions de voix au second tour de la présidentielle, quelques centaines de personnes seulement se sont déplacées pour manifester leur opposition à l’invasion de notre pays ! ».

L’observation est amère mais juste. Ceux qui fréquentent ou ont fréquenté ce genre de manifestations savent que les participants sont toujours peu nombreux malgré les enjeux… et que les visages sont souvent les mêmes. Je vais essayer, puisqu’on me le demande, d’apporter un éclairage sur le constat qui est fait par notre lecteur. Préalablement, je tiens cependant à souligner que j’expose ici un point de vue en cohérence avec ce que je préconise ailleurs dans ce blog (voyez ce PDF ou cet article). Je ne critique ici ni l’engagement des G.I., ni leurs motivations, ni bien sûr le courage (il en faut !) des participants à cette manifestation. Je réponds simplement à une question en fonction d’une grille de lecture que les faits exposés semblent valider. Donc voilà :

Imaginez que vous habitiez dans une zone de vivre-tous-ensemble et que votre désir le plus cher soit de vous libérer de cet enrichissement culturel. Vous allez donc élaborer une stratégie globale dont le but sera de vous faire changer de quartier.

Cette stratégie globale pourra se décliner en deux « stratégies intermédiaires » : vendre votre appartement et, par exemple, acheter une maison à la campagne. 

Chacune de ces stratégies va à son tour se décliner en « engagements tactiques » de portée plus limitée. Par exemple, la première stratégie intermédiaire va nécessiter que vous rafraichissiez un peu votre logement, que vous vous adressiez à un agent immobilier, que vous passiez des annonces, que vous dégagiez du temps pour recevoir des acheteurs, etc.

La  seconde stratégie intermédiaire va par exemple nécessiter que vous trouviez une maison, que vous mobilisiez les sommes nécessaires pour l’acheter, que vous empruntiez de l’argent, que vous fassiez des travaux avant d’emménager, etc.

Chacun de ces engagements tactiques utilise des « méthodes » pour arriver à ses fins. Retapisser votre appartement en vente sera peut-être la méthode choisie pour le rafraîchir. Vous adresser à votre banque sera peut-être la méthode adéquate pour vous procurer l’argent nécessaire. Le recours à vos amis sera peut-être votre méthode pour déménager.

Ce n’est qu’au terme de la seconde stratégie intermédiaire que le but de votre stratégie globale, à savoir déménager, sera atteint. Avant cela il vous faudra répondre à des questions comme : quand ? Comment ? Combien ? Où ? Avec qui ? Avec quoi ? Pour quels résultats ? A chaque étape, vous allez devoir agir en fonction de vos ressources disponibles et faire un bilan de votre action en la corrigeant éventuellement.   

Gene Sharp, le concepteur des révolutions de couleur, fait observer que dans notre vie quotidienne, lorsque nous voyageons par exemple, nous faisons spontanément des planifications qui peuvent se décliner en stratégie globale, stratégies intermédiaires, tactiques et méthodes. Il souligne néanmoins que la planification stratégique retient rarement l’attention des militants :

« Certains en effet croient naïvement qu’il suffit de déclarer leurs objectifs haut, fort et suffisamment longtemps pour que ceux-ci soient d’une manière ou d’une autre atteints. D’autres pensent que, s’ils restent fidèles à leurs idéaux et principes et témoignent d’eux dans l’adversité, ils font là le maximum possible en vue de la réalisation de leurs objectifs. Il est certes admirable d’affirmer ses convictions et d’y rester fidèle mais c’est une attitude qui en soi est entièrement inadaptée à un objectif de changement, pour sortir du statu quo et atteindre des buts bien définis. » (La Force sans la violence, 2009).

Persévérer dans cette attitude inadaptée gaspille la force des militants, les place de manière récurrente en situation d’échec et a pour conséquence inévitable de les démotiver. C’est un constat dont nous avons tous pu mesurer la justesse.   

Revenons à la manifestation des GI. Cette manifestation est-elle une stratégie, un engagement tactique ou une méthode ? Si c’est une méthode, dans quel engagement tactique s’inscrit-elle ? Si c’est un engagement tactique, dans quelle stratégie intermédiaire ou globale s’inscrit-il ? Si cette manifestation isolée incarne à elle toute seule une stratégie, quels sont ses résultats ?

En vérité, cette manifestation n’est ni une stratégie, ni un engagement tactique ni une méthode. C’est un témoignage courageux, mais désespéré. C’est un « coup » qui ne s’inscrit pas dans la durée et qui, plus grave, ne semble relever d’aucune planification stratégique. De ce fait, il n’amène rien, si ce n’est du découragement et, potentiellement, des années de prison, ou une fiche S.

D’autre part, ce « coup » ne tient aucun compte des ressources disponibles. Faut-il se lancer dans ce genre de manifestations quand on ne dispose ni des relais médiatiques ni du nombre ? L’action doit être intégrée à un plan. Elle doit aussi être à la portée de celui qui l’engage. Il faut éviter les défaites, donc adapter les actions aux ressources. La manifestation des GI avait-elle les capacités de barrer la route à l’immigration ou même simplement de provoquer une prise de conscience ? Evidemment non. Dès lors, pourquoi se lancer dans cette opération perdue d’avance ?

On ne peut aller de l’état présent à l’état désiré sans passer par des étapes intermédiaires. Si l’on veut parvenir au sommet de l’Everest, il faut commencer par atteindre le camp N°1, puis le 2, puis le 3. Les grands projets demandent de la méthode, de la constance, de la patience, de l’organisation… et aussi de petites victoires qui mobilisent davantage que les échecs répétés. Quel est le camp numéro 1 d’une lutte contre l’islamisme ou l’immigration ? Planifier la lutte contre l’immigration est bien plus important que de planifier un déménagement ou un voyage. Pourtant, nous ne le faisons pas. Pense-t-on qu’il est possible d’aller sur une terre lointaine sans s’en donner les moyens et en manifestant simplement le désir d’y aller ? Bien sûr que non. Alors pourquoi croyons-nous qu’on pourrait mettre fin à l’immigration simplement en manifestant le désir d’y mettre fin ?    

Il faut comprendre que la lutte contre l’immigration et l’islamisme n’est tout simplement pas à notre portée dans la situation actuelle. Nous n’avons pas les ressources nécessaires. Donc, inutile de mener frontalement cette lutte si l’on ne veut pas se faire casser les reins pour rien. Cependant, si le reflux de l’islamisme et de l’immigration est notre objectif, alors il faudra fixer une stratégie, une planification comprenant de nombreuses étapes faites d’engagements tactiques limités, planification qui nous mènera progressivement de la situation actuelle à la situation voulue.

Ce blog fixe une stratégie qui peut tout à fait s’adapter à cet objectif. Je la rappelle succinctement :

Stratégie globale : libérer le peuple autochtone français (et européen)

Première stratégie intermédiaire : rassembler et organiser les Autochtones

  • Appel à un Congrès national-autochtone
  • Formation du Gouvernement autochtone, élection d’un Parlement autochtone
  • Formation d’un Etat parallèle autochtone
  • Formation d’une société parallèle autochtone

Seconde Stratégie intermédiaire : lutter pour les droits

  • Lutter pour les droits collectifs autochtones
  • Lutter pour l’application aux Autochtones de France de la Déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones
  • Ne terminer la lutte qu’après la libération des peuples autochtones européens

Dans le cadre de cette stratégie, la manifestation de rue contre l’islamisme et l’immigration pourrait s’inscrire utilement dans la stratégie intermédiaire de conquête des droits. Ce type de manifestation constituerait alors une « méthode » qu’on utiliserait si (et seulement si !) nos ressources le permettent et à condition que les gains tactiques espérés soient supérieurs aux coûts estimés. Cette méthode pourrait être utilisée dans le cadre d’un engagement tactique qui aurait pour objectif (par exemple) de revendiquer notre droit autochtone à la sécurité identitaire, culturelle et physique, tel que défini par la Déclaration de l’ONU citée plus haut. La manifestation de rue prendrait alors son sens par sa conformité aux objectifs de l’engagement tactique. L’engagement tactique, quant à lui, prendrait son sens par sa conformité aux objectifs de la stratégie intermédiaire. Et la stratégie intermédiaire, enfin, prendrait son sens par sa conformité aux objectifs de la stratégie globale.

Notre lecteur s’inquiète à juste titre du nombre de participants (500) à la manifestation dont nous parlons. Le nombre en question n’est pas un problème en soi, à condition qu’il soit à la mesure de l’effet recherché. S’il s’agit, comme proclamé, de faire barrage à l’islamisme et à l’immigration, il est effectivement dérisoire (il faudrait des centaines de milliers d’individus). S’il s’agit d’alerter sur le contenu des repas d’une cantine scolaire, il est trop important. L’essentiel réside dans l’adaptation des actions aux ressources disponibles. On ne doit pas espérer une action d’envergure avec un grand nombre de participants tant qu’un important travail d’organisation et de structuration n’a pas été fait. Nous ne disposons pas des médias et n’avons aucun réseau. Il faut donc rassembler, organiser, structurer, planifier stratégiquement les actions longtemps avant d’agir (selon l’action envisagée, nous parlons d’années, pas de semaines). Plutôt que de s’exposer inutilement dans une opération sans effet sur l’objectif recherché, les 500 personnes en question devraient travailler à constituer à faible bruit l’encadrement d’une nation autochtone à libérer. C’est de l’action à bon escient de cette minorité éveillée que dépend l’avenir de notre peuple.

Effectivement, 11 millions de Français sont « conscients » mais ne bougent pas !

C’est que ces 11 millions d’individus dissociés ne forment pas une société. Ces millions sont à l’état gazeux et ne gagnent une consistance qu’au moment des élections. Ils forment alors un corps électoral.

Mais ce corps électoral se désagrège immédiatement après l’isoloir. Chaque individu retourne alors à sa vie solitaire. L’objectif est de faire de ce corps électoral dissocié dans la société multiethnique un corps national en sécession. Quand ce corps électoral éphémère et gazeux, donc non mobilisable, sera devenu, sous l’action coagulante des Réfractaires, un corps national organisé, alors les manifestations contre l’immigration auront une toute autre ampleur et ne laisseront plus indifférents. Mais pour cela il faut préalablement créer des réseaux, des associations, des communautés, une société parallèle et des institutions parallèles. Pour cela, dans un premier temps tout au moins, il faudra sans doute davantage « travailler » souterrainement que « militer » ouvertement. C’est une règle : il est nécessaire de forger les outils avant de commencer les grands travaux !

Nous avons parlé de l’Everest. Inverser les flux migratoires sera plus difficile que de gravir l’Everest ! Or, nous sommes un peu dans la situation d’un alpiniste dont le plus haut sommet à son actif serait la butte Montmartre. Mais cet alpiniste, nous le savons, a néanmoins un fort potentiel. Il faut simplement qu’il se fixe un plan d’entraînement et qu’il en suive avec obstination toutes les étapes. C’est ainsi que procéderait un homme sensé. Il ne faut surtout pas se lancer dans une telle expédition sans préparation et après avoir dédaigné les sommets moins élevés. Malheureusement, c’est exactement ce que notre alpiniste a fait jusqu’à présent. Le moins que l’on puisse dire est que cela s’est toujours mal terminé !

Vers un congrès National-Autochtone ?

Suivre une stratégie nationale-autochtone de rassemblement est sans doute la solution au problème de « mobilisation » posé par notre lecteur. Nous ne disons pas que la stratégie préconisée par ce blog, stratégie qui dans sa forme s’apparente à une révolution de couleur inversée, soit la meilleure, ni la seule possible. Nous disons simplement qu’il est désormais indispensable d’agir stratégiquement. Nous pensons qu’il est maintenant urgent de réunir un congrès national-autochtone, et nous pensons également que c’est à ce congrès de définir cette stratégie. “

Antonin Campana

Je vous invite à suivre le blog d’Antonin Campana: Autochtonisme.com et à le faire connaître autour de vous !

 

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